Elles sont juste superbes. Surtout en live. Le récital donné le vendredi 27 juin 2025 au Yelam’s à Treichville par Aïcha Traoré et Soukéina était d’un niveau supérieur. Les deux chanteuses qui ont occupé respectivement la scène (Soukéina, ensuite Aïcha) ont démontré qu’il faudra écrire l’histoire moderne de la musique ivoirienne avec elles. En pleine confiance et maitrisant leurs sujets, les poulains du producteur-manager Koné Dodo ont « débloqué un autre niveau » de performance.

Quand Soukéina occupe la scène en premier, elle fait passer son auditoire par toutes les émotions : recueillement, tristesse, extase, joie et swing… La chanteuse impose l’écoute grâce à sa voix mélodieuse et la justesse des notes distillées par ses musiciens. Souk joue sur chaque tonalité, chaque silence, chaque respiration… Elle met de la grâce dans chacun de ses mouvements. Une dextérité qui épouse sa musique.
La chanteuse qui explore plusieurs genres musicaux offre une variété de sonorités, somme de sa culture musicale et des tendances. Soukéina fait conjuguer l’afro jazz et le rap ivoire, la soul musique et le coupé-décalé, le R&B et le Maïmouna ou encore le reggae. Et à chaque virée musicale, elle est maitresse de sa voix et de l’orchestration. Divine quand elle danse, elle incarne sensualité et romantisme. Ses choix musicaux sont métissés, répondant aux couleurs bigarrées de sa voix et de ses vécus.
A travers 13 titres, la jeune chanteuse a explosé tout le scepticisme qui pourrait exister autour de sa carrière. Elle est là, plus forte que jamais et il faudra compter avec elle. Après une heure de prestation, l’ingénieure de son, épris de chant a laissé la scène à Aïcha Traoré.
Les premières mélodies entonnées avant l’ouverture du rideau annoncent le changement de rythme. La musique jouée est plus cadencée et intrinsèquement ancrée dans les traditions africaines, mandingues. La voix qu’Aïcha appose sur les sonorités est perchée, bien modulée. Et c’est parti pour une balade enchantée.

Ses chansons à succès « Môgôya » ou encore « Djanfasso » (accompagnée de mélodies reggae) ont été dépoussiérées et interprétées dans une nouvelle dynamique, plus entrainante. Mais des morceaux comme « Aïcha » ou encore « Djorolé », rappellent qu’elle est tout autant habile sur les chansons rythmées que calmes.
Après le Yelam’s, les deux artistes seront sur la scène de l’Acoustic le dimanche 06 juillet prochain pour une nouvelle communion avec leurs publics. « Ces concerts participent à leur promotion. Il s’agit de leur donner des bases solides. De les familiariser avec différentes scènes et différents publics », a expliqué le boss Koné Dodo.
Pour lui, cette mini-tournée nationale qui a débuté le 07 juin à Katiola annonce de nouveaux albums dont les sorties se feront au mois de septembre 2025.
SANOU A.

