Tel père, telle fille. En français facile ivoirien, on dit : « mangue ne fait pas goyave ». Tous ceux qui ont entendu Soukéïna chanter en live, samedi 22 février à l’AZK du côté de Cocody Blockhaus, l’ont vite compris : Soukéina est l’héritage musical d’Alpha Blondy. La fille de son père, a charmé le temple du live pendant une heure. Permettant aux férus de la musique de la compter parmi les plus grandes voix du pays. Soukéïna sait chanter, elle l’a prouvé et le public a aimé.

Très à l’aise au micro, la jeune chanteuse a une voix qui impose l’écoute. Elle sait presque tout faire de ses cordes vocales. Des bases aux aigus, l’artiste explore chaque détail, chaque ton et demi ton pour atteindre des mélodies suaves et pleines d’émotions. Maitresse de la diction, ses phrases sont fluides, audibles et sensuelles. Et le spectateur voyage avec elle pour explorer ses rêves, ses inquiétudes, ses prières, ses amours et sa gratitude à Dieu, mais aussi à son géniteur. « Je me suis sentie fière. Je n’avais d’autres sentiments que la fierté et la gratitude. Je suis reconnaissante », confie-t-elle aux journalistes au sujet de la reprise de ‘’Heal me’’ (1994), le titre emblématique d’Alpha Blondy.

En effet, sa version actualisée figurera sur son prochain album de 11 titres dont la sortie est annoncée pour fin mars 2025. Il y a aussi la chanson ‘’Sébé Allah yé’’ (Tout le pouvoir est à Allah ; 1984) qui y sera reprise. Autrice et compositrice, tous les autres titres sont ses compositions personnelles. Et ils sont tout autant aussi beaux que sensés.

La soirée à l’AZK avait des allures de réunion de famille. Les aficionados ont validé ses capacités artistiques sous réserve qu’elle maintienne le niveau proposé ou parte au-delà. Et l’artiste qui a de grandes ambitions est gonflé à bloc : « j’ai un grand rêve. On est dessus, on est dedans. On n’a pas le choix, on n’a pas de plan B ».
SANOU A.

