La symbolique est forte. Neuf artistes femmes, comme les neuf mois de grossesse. Neuf, comme le chiffre de l’« Accomplissement ». C’est autour de ce thème, que le vernissage de l’Expo Amazones a eu lieu le samedi 21 décembre, à la villa KALM à Cocody. Ce, en présence de la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, qui n’a pas caché son admiration pour cette « sororité artistique ».
« Je vois que les femmes ont aussi besoin d’envoyer des messages qui sont propres à elles, avec une affirmation, des revendications autour de la paix, de la tolérance », a salué la ministre. Elle s’est dite heureuse de manifester son admiration pour tout le travail qui est fait dans le milieu de l’art par les femmes. « Ce n’est pas toujours évident, je le sais, le chemin est souvent parsemé d’embûches, mais je suis convaincue que vous êtes très déterminées, et que derrière cette détermination, il y a obligatoirement le succès », a-t-elle marqué sa solidarité.

Au nom des exposantes Anfissa, Flora Gnagne, Kréfady, Wanne, Mambo Christ’L, Kara Aïcha, Ozoua, Bolou, l’artiste Affoué, qui est aussi la responsable des lieux, a remercié la garante de la culture ivoirienne pour cette solidarité et ses conseils précieux. Elle s’est réjouie de sa confiance placée en elles, qui constitue un soutien de taille. Adou Kouakou Emmanuel, président de l’Union des jeunes artistes plasticiens étoiles du futur (UJAPEF), commissaire général de l’exposition, a misé sur la proximité.
La première édition de cette exposition ‘’Amazones ‘’ qui se tient dans le cadre du Salon des grandes cimaises d’Abidjan (SGCA), vise à rapprocher l’art des populations et surtout à changer le regard sur cette activité, considérée à tort, comme étant réservé à une élite.
L’Expo Amazone de par sa conception et sa scénographie est fluide. Le visiteur est accueilli par les sculptures, de taille réelle, d’Anfissa (Slow avec Elfe et Danseuse et son Ange). Il est emballé par les toiles de Wanne qui réalise des portraits avec du fil issu de tissu wax. Les sculptures de bas-relief de Kréfady, tout le long de l’escalier, en noir et blanc ajoute au mystère imposé par l’alternance de couleur rouge et bleu des lumières. Ozoua, dans une écriture abstraite, joue sur le bleu et les perles pour faire découvrir une autre facette d’elle. Quand Christ’L Mambo, surfe sur les portraits de mères et bébés avec ses perles.

Flora Gnagne est à fond dans le thème « Accomplissement » avec sa femme enceinte. Quand Aïcha Kara appelle à l’union et l’unité autour de sa patrie, la Côte d’Ivoire, dans une forme artistique populaire, abusivement traitée de naïf. Bolou effleure l’abstraction avec des couleurs légères, digestes, non chaudes. Une touche sensuelle est ajoutée par Affoué qui revisite les secrets de beauté et les objets de séduction de la femme africaine.
Le détour qu’impose cette exposition, est de tout avantage. Il permettra de découvrir un espace convivial et humain qui fait la promotion de l’art au féminin. Une denrée devenue de plus en plus rare sous nos cieux.
SANOU A.

