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    Enquête

    Musique africaine : Faut-il surfer sur la vague du streaming ?

    WebmasterBy Webmasterfévrier 28, 2024Updated:février 28, 2024Aucun commentaire11 Mins Read
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    Par SANOU A. 

    Le streaming – lecture ou diffusion en continu d’un flux audio ou vidéo en direct ou en léger différé – a bouleversé les habitudes de consommation de la musique et des vidéos à travers le monde. Utilisé via internet et les réseaux sociaux, le streaming est en forte croissance et a fait émerger un marché dont les chiffres sont estimés en milliards de dollar US. 

    Le marché mondial du streaming multimédia devrait passer de 72,433,722,756,000 FCFA (119,01 milliards USD) en 2023 à 173,73 milliards USD d’ici 2028, soit un taux de croissance continue de 7,86 %. Les flux sont généralement fournis par des plateformes qui proposent des films, séries (vidéos à la demande) ou des morceaux musicaux.

    Ce succès est lorgné par toute la chaîne de production musicale africaine. De plus en plus, le sujet est au cœur des échanges durant les festivals, salons et marchés. A la 8e édition du Festival des Meilleurs instrumentistes africains (MIA) à Cotonou, au Bénin, en décembre 2023, la question du digital et du streaming a retenu toutes les attentions. 

    • Mory Touré, à Cotonou lors du panel du Festival Mia
    • Table ronde à Ségou sur le streaming

    Lors de la 20e édition de Ségou’art – Festival sur le Niger, qui s’est tenue du 30 janvier au 04 février à Ségou au Mali, des experts ont planché sur la question. Le festival Togoville Jazz, qui aura lieu du 24 mars au 04 avril 2024 à Lomé, compte placer le sujet au cœur des débats. « Le streaming, c’est l’avenir sinon le présent », indique Dick Mawuto fondateur et directeur artistique de Togoville Jazz. Pourquoi le streaming musical intéresse tant ? Quelle est la part de l’Afrique dans le marché mondial et que faut-il faire pour optimiser dans ce secteur ? 

    En pleine expansion…

    L’économie de la musique a été considérablement bouleversée avec Internet. Le confinement imposé par le Coronavirus a fait exploser les chiffres. Abdoul Aziz Dieng, sociologue, musicien et pionnier dans la gestion des droits d’auteur au Sénégal, que nous avons rencontré au Mali, y voit « quelque chose de nouveau dans le monde de la consommation musicale ». L’ancien président du Conseil d’administration du Bureau sénégalais du droit d’auteur (BSDA) différencie la consommation par « enregistrement » qui permet de « jouir de la musique sans assister au spectacle », le concept de la mise à disposition de la musique à la demande, et le streaming qui consiste à « écouter sans télécharger, à partir d’un abonnement ou non ». 

    Le nouveau mode de consommation séduit. L’adoption rapide des smartphones et les nouveaux outils technologiques ont accéléré la croissance du segment du streaming dans toutes les régions. Ce qui fait dire à l’Ivoirien Guy Constant Néza, représentant de Believe à Abidjan, structure qui met de la musique africaine à la disposition des plateformes de streaming, que : « la digitalisation est une chance pour les Africains ». 

    • Abdoul Aziz Dieng à gauche
    • Guy Constant Néza

    Et l’Afrique compte occuper toute sa place. Le continent, qui était à la traîne de cette explosion, est en train de rattraper son retard. Selon le confrère Courrier International, la plateforme de streaming vidéo sud-africaine, Showmax lancée en 2015, a dépassé Netflix et Amazon sur le continent. Elle comptait 2,1 millions d’abonnés en novembre 2023, contre 1,8 million pour Netflix et seulement 300 mille pour Amazon Prime Video. 

    Mieux, Showmax avait annoncé la sortie de « 21 nouveaux contenus originaux africains pour le mois de février ». Pourtant, note Guy Constant Neza, le marché africain ne représente que 3 % du marché mondial. Et le succès de Showmax ne concerne que l’Afrique anglophone. 

    « Le modèle économique de distribution exploité par les majors d’antan est complètement faussé. Il faut faire avec les nouveaux maîtres du terrain : Sony, Believe, Google, Deedo, Amazon… Le principe de l’accès est venu remplacer le principe de l’acquisition. On s’abonne et on a la musique à sa portée », développe Eric Gbeya, musicien, ingénieur de son et promoteur béninois, panéliste au MIA à Cotonou. Malgré cette éclosion, de nombreuses plateformes internationales ignorent les créateurs africains, surtout lors de la rémunération. 

    • Lamine Ba de Music in Africa

    Combien gagnent les artistes africains ?

    La première table ronde de Ségou’art Festival sur le Niger 2024 avait pour thème : « Le marché du streaming musical et la rémunération des artistes ». Au cours des échanges, il est ressorti que 50 % de la musique africaine n’étant distribué qu’en Afrique ; le streaming lui permet d’atteindre les quatre coins du monde. Mais, cette opportunité s’oppose à une inadéquation des plateformes avec le modèle africain, les réalités africaines. « Spotify a échoué à Abidjan avec un modèle occidental », informe Guy Constant Néza, panéliste.

    Mory Touré, opérateur culturel malien qui a conduit une enquête pour Deezer qui souhaitait s’installer en Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Mali, Burkina Faso et Guinée), va dans le même sens. Pour lui, la faible bancarisation des Africains constitue un frein. Les entreprises locales de téléphonie mobile qui devaient accompagner le projet utilisent le mobile money pour des services similaires (ringtone). Elles n’ont pas voulu d’une concurrence extérieure. « Malheureusement, Deezer n’a pas pu rentrer sur le marché africain », regrette Mory. 

    Béril Nzila, Label Manager chez Believe RDC, Congo et Gabon estime que « le rapport de force entre le Nord et le Sud est trop important ».  Par rapport de force, il entend les ressources humaines compétentes, technologiques et financières. « En occident, ils sont mieux structurés. Par exemple ils ont la possibilité d’investir dans la recherche des nouvelles approches de consommation », observe-t-il. Pourtant, note-t-il, ces modèles ne prospèrent pas en Afrique : « Boomplay, qui a connu une croissance exceptionnelle en Afrique et qui s’est positionné en tant que numéro 1, a réduit son personnel ».

    Béril Nzila de Believe RDC, Congo et Gabon

    Qu’à cela ne tienne, Abdoul Aziz Dieng souligne que la majorité des artistes africains ne gagnent pas grand-chose avec ces plateformes. « On gagnait plus d’argent à l’époque de l’analogique qu’à l’époque du streaming. Certains artistes gagnent, beaucoup d’autres ne gagnent rien », se convainc-il. Et de décortiquer : « pour gagner 1 euro, il faut 1612 écoutes sur Spotify, 174 écoutes sur Deezer, 152 écoutes sur Apple… ». Donc pour gagner beaucoup d’argent, il faut que l’artiste soit beaucoup écouté. 

    Comme pour ne rien arranger, la majorité des plateformes occidentales de streaming ne rétribuent pas, officiellement, les artistes qui diffusent leurs œuvres à partir du continent africain. « En Afrique, Youtube ne monétise qu’en Afrique du Sud, Egypte, Sénégal, Ghana, Tunisie, Nigéria, Algérie, Maroc, Tanzanie, Ouganda, Zimbabwe. Sont absents sur cette liste des pays comme la RDC et la Côte d’Ivoire qui sont très importants en terme de production et de consommation de musique », déplore Guy Constant agrégateur pour ces plateformes. Mory Touré confie avoir « attraper sa tête des deux mains » lorsqu’il a vu la grille de paiement de Deezer. Pour lui, l’argument avancé par Youtube pour ne pas payer les créateurs du continent africain, à savoir le faible taux de publicité, est une fuite en avant. 

    Eric Gbrya, à gauche.

    Cependant, les choses évoluent. « Avant, des artistes gagnaient 50, 100 euros. Aujourd’hui, on a dépassé cela. Nous pouvons même faire des avances de 65 millions (100.000 euros) qu’on recoupe en huit mois. La pénétration est importante », laisse miroiter le Country Label Manager de Believe en Côte d’Ivoire. Selon lui, il y a davantage de jeunes qui utilisent les outils numériques. Et l’apport de la diaspora y est pour beaucoup. « La diaspora est de plus en plus connectée et décomplexée. Il y a de l’engouement pour la musique africaine », apprécie Guy Constant. 

    Cette forte demande permet à des artistes comme Josey, Kérosène, Tamsir de gagner 60 % de leur revenu via ces plateformes. D’où la nécessité d’y rester et équilibrer le rapport de force pour changer les choses. Believe opte pour la vulgarisation de ses artistes en proposant leurs œuvres à plus de 250 plateformes à travers le monde. 

    Changer de paradigme  

    Didier Awadi, chanteur sénégalais

    Si la diversification des plateformes est une solution pour les artistes de gagner davantage d’argent, les acteurs culturels africains sont conscients que seules des plateformes créées et développées en Afrique peuvent assurer un meilleur traitement des créateurs africains. Mais, rien n’est gagné d’avance. 

    Luc Mayitoukou, expert des écosystèmes dans les Industries Culturelles Créatives (ICC), appelle à la mobilisation de tous les secteurs des arts et de la culture du continent, pour donner une réponse concrète aux plateformes de streaming étrangères. Cet instrument, conseille-t-il, doit avoir la dimension des plateformes existantes ou faire mieux. 

    Le rappeur sénégalais Didier Awadi évoque un « scandale politique ». Il est convaincu que c’est une question qui ne peut être gérée que par les politiques. Il trouve insultant que les Etats ne s’intéressent pas aux questions de streaming. Pour ce faire, il pense est plus juste que « même au prorata, les plateformes doivent rendre aux artistes africains leur argent ».  Et si cette situation perdure, souligne-t-il, c’est parce qu’il n’existe aucun dispositif de protection des artistes africains. 

    « Les TIC apportent une révolution et nos sociétés de gestion des droits d’auteur doivent pouvoir s’y adapter. Un Publisher peut tracer de façon systématique son œuvre. Il peut savoir sur quelle plateforme de streaming il est joué et combien il gagne. On est à l’heure du streaming, mais ces sociétés ne sont pas connectées à ces réseaux. Tout est archaïque », dénonce Eric Gbéya qui travaille pour Sony Orchard au Bénin.   

    L’ex–collaborateur du BUBEDRA (Bureau béninois du droit d’auteur et des droits voisins) souligne que les plateformes ne font pas de chiffres dans les pays francophones à cause de la piraterie et des téléchargement gratuits. Il appelle à la mise en place d’une législation rigoureuse. « C’est parce que les gens ont accès à la musique gratuitement qu’ils ne l’achètent pas », conclu-t-il. A l’unisson, tous les opérateurs culturels africains appellent à l’émergence de plateformes 100 % africaines, dynamiques. 

    Vers un streaming africain 

    L’Afrique offre une véritable opportunité et constitue un marché à explorer, à positionner. Béril Nzila soutient qu’il faut promouvoir des modèles de consommation à l’africaine, en maîtrisant son marché et en tenant compte du faible taux de bancarisation. Il mise sur le changement des habitudes de consommation qui réfutent le téléchargement illégal et gratuit. Il opte pour l’incitation des entreprises à faire des campagnes publicitaires sur le digital. 

    Le représentant Afrique de l’Ouest de Music in Africa, le journaliste et consultant en communication sénégalais Lamine Ba est très optimiste. « Le streaming en Afrique, surtout dans les pays francophones, présente un potentiel immense pour la diffusion de contenu et la promotion de la culture locale. Les plateformes 100 % africaines ont l’avantage de mieux comprendre les besoins et les goûts du public africain. Ce qui pourrait leur permettre de concurrencer efficacement les plateformes internationales. Cependant, cela dépendra également de leur capacité à offrir un contenu de qualité, à s’adapter aux infrastructures technologiques locales et à proposer des prix abordables », explique-t-il.

    Luc Mayitoukou à droite

    A Ségou, tous les intervenants ont appelé à fédérer les énergies pour emmener les Etats africains à se saisir de la question. La finalité étant de mettre sur pied des plateformes africaines originales, compétitives et prenant en compte la réalité du marché africain. Quand Guy Constant Néza souhaite emmener la problématique au niveau supranational, Mory Touré, lui, est catégorique : « qu’on ferme ces plateformes étrangères dans les pays africains » pour les remplacer par des structures locales. 

    Avec la montée en puissance de l’intelligence artificielle dans le milieu de la création musicale et les possibilités qu’elle offre au niveau de la distribution et la consommation, le combat à mener n’est-il pas obsolète ? Ce sera sûrement le sujet d’une autre enquête. 

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