Webinaires et Visioconférences : ”Arbres à palabres” virtuels

Avec la pandémie de la Covid-19, Internet est devenu un véritable arbre à palabres…

Par Zouhour HARBAOUI

Pour cause de pandémie, les webinaires et autres rencontres sont devenus de véritables arbres à palabres virtuels. Les artistes et acteurs culturels se rencontrent sur le Net pour discutailler de leur situation réciproque, sans vraiment écouter l’autre.

Les gens parlent en se regardant le nombril comme s’ils étaient les seuls dans cette situation précaire. C’est à un véritable amas de «blablabla» auquel on assiste. Un véritable «Blablabla» duquel rien ne ressort, sauf la satisfaction d’avoir donné son propre avis sans apporter de solutions, ou une once de solutions. Chacun pleure sur son propre sort qui, soit dit en passant, est le sort de tout le monde, en espérant faire pitié et recevoir une aide, qu’ils n’ont, là aussi soit dit en passant, pour beaucoup, méritée.

Bref, Internet est devenu un véritable arbre à palabres virtuel, mais là, comme dit, on s’écoute parler sans écouter l’autre. Puis, il y a une certaine hypocrisie qui ressort de ces rencontres virtuelles. Tout le monde est d’accord avec tout le monde, mais une fois la discussion terminée c’est plutôt des critiques qui fusent.

L’union fait la force. Mais je crois que, chez nous, en Afrique, c’est plutôt chacun pour soi et Dieu pour tous. Il est vrai que, parfois, il faut mieux travailler seul que mal accompagné, parce que nous avons beaucoup de tire-au-flanc parmi les artistes. Cependant, dans la situation actuelle, il vaut mieux travailler en réunion par petits groupes d’intérêts communs. Ce sera, déjà, une grande avancée.

Il me semble que l’arbre à palabres est un endroit dans lequel tout le monde écoute tout le monde, où l’on racontait des histoires ayant une morale, où l’on discutait des choses importantes pour la communauté, et où l’on essaye de trouver des solutions pour tout le monde. L’arbre à palabres virtuel fait montre d’un individualisme nombriliste, égoïste et individualiste.

Nous sommes tous dans la mouise, journalistes culturels compris. Parce que pas de spectacles, pas d’articles. Heureusement que, pour nous, il reste des livres, des films et des séries, notamment, sur le Net. Au moins, le Web nous sert à quelque chose autre qu’à écouter les «Blablabla» de personnes qui n’ont rien compris au mot Culture…

Zouhour HARBAOUI

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