Institut français de Cotonou : “Pro’7” et le “Collectif Dreamkeys” tiennent en haleine le public

Les compagnies de danse contemporaine “Pro’7” et le “Collectif Dreamkeys” ont offert un moment de grâce et de spectacle à l’Institut français de Cotonou. Cette soirée de danse a eu lieu, vendredi 9 octobre, sous la paillote dudit institut en présence des amoureux de la danse.

Par Julien Tohoundjo

Une soirée en deux temps. C’est la politique d’organisation mise en place par les responsables de l’Institut français. Cette organisation est une manière de permettre au public de suivre, dans la même soirée, deux pièces de danse contemporaine : Entre deux m.e.c et Chaos élégant. Elles présentent deux réalités opposées dans une même atmosphère. Un bon éclairage de la scène, de la musique composée ou classique et un bon jeu d’acteur de la part des danseurs. Ces aspects représentent des atouts avantageux pour la réussite des spectacles. Ils facilitent aussi aux spectateurs de capter les messages véhiculés par les acteurs.

La pièce Entre deux m.e.c est la première présentée lors de cette soirée. Elle est exécutée par deux danseurs de la compagnie de la danse professionnelle “Pro’7”. Il s’agit de Nourou Deen Eniola et Ezéchiel Adjouatou Adande. Entre deux m.e.c plonge le spectateur dans une interaction entre mouvements, espace et Corps. Elle présente l’histoire de deux danseurs de morphologie différente qui invitent à la découverte, à travers des approches psychologiques singulières, à la façon dont la puissance des émotions inscrites dans les corps rapproche les êtres humains.

Dans cette présentation, il y a moins de hip-hop et la scène est présentée sous forme de deux tableaux : les mouvements sous les yeux du public et une séquence rideau. « A travers cette scène, l’on voit le dédoublement d’une personne. C’est deux personnes, mais à voir le jeu d’acteur, l’on a comme impression que c’est une personne qui fait le même geste de part et d’autre », déclare Sergent Markus, journaliste, slameur et rappeur béninois.

La pièce présente à la fois des conflits que deux personnes peuvent avoir dans la vie. Même si les deux se connaissent depuis le bas âge, il y a des moments de conflits qui s’entremêlent. Une interaction qui coupe, un tant soit peu ou définitivement les liens. C’est ce que la dernière séquence de la pièce prouve. Dans une complicité, les deux se soutiennent, mais à un moment, les deux se laissent. Un mouvement qui laisse entre un bruit. En effet, les deux ne maîtrisent plus leur position exacte et s’accusent mutuellement. Les deux ne sont pas entendus et ont décidé de prendre leur chemin.

 Contrairement à Entre deux m.e.c, la pièce Chaos élégant dégage une énergie intense. Elégance du Chaos huit danseurs, au total, ont présenté cette pièce et habillé dans une tenue jaune. Environ 30 minutes, les acteurs ont présenté un spectacle avec une énergie hors-norme. Ils sont constants dans leur prestation du début à la fin. Leur chorégraphie est faite avec une musique vivante et forte sous une lumière éclatante. « Le maintien du rythme est lié à la pratique du hip-hop. Nous faisons beaucoup de mouvements physiques pendant longtemps. Nous développement beaucoup la performance hip-hop et d’autres techniques et ce, dans un module plus long : 2 ou 3 heures et même 48 ou 72 heures sans arrêt », explique Arouna Guindo, danseur professionnel béninois et principal danseur de ladite pièce. C’est ce travail quotidien qui a permis, selon lui, aux danseurs de garder le même rythme du début à la fin du spectacle.

Cette pièce est une connexion avec les émotions, d’habitude, d’endurance et d’expertise. « Ce qui a plus retenu mon attention est toute l’énergie qui se dégage de ces jeunes. Ils donnent du mouvement, la voix et un aspect plus athlétique », souligne Estelle Dagaut, attachée de coopération pour le français à l’Institut français de Cotonou. Cette pièce parle des imprévus, ratés et de multiples empêchements qui jalonnent la vie des habitants de la capitale béninoise. Face aux incertitudes et à la fragilité de l’existence, la danse du « Trip-All », un état d’exploration corporelle formulé par Arouna Guindo, revendique le principe d’opportunité : tirer profit de toute situation, récupérer l’énergie du désordre, amener l’élasticité pour métamorphoser le chaos en élégance. Forts de ce principe, les danseurs, chacun dans son style, proposent une manière singulière de répondre au chaos du monde en explorant les résonnances entre danses urbaines, danses traditionnelles et cérémonielles du Bénin.

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